Berne au téléphone portable

Publié le 9 octobre 2021

Il y a 18 mois, je visitais pour la première fois la capitale suisse arme au poing, disons appareil photo à la main. C’était 2 jours avant le presque confinement.

Il y a quelques jours, j’ai revisité la ville en charmante compagnie et donc avec un équipement nettement moins dédié à la photographie. En fait, je n’ai emporté que mon téléphone, qui permet également de faire des photos. Parfois. Simplement. Sans trop de réglages. Avec une prise en main très aléatoire. Et des possibilités réduites. En mode plutôt souvenirs que photographie d’art. Mais au final, ne sert-il qu’à immortaliser quelques moments en pixels pour compléter nos mémoires parfois défaillantes ou est-il possible d’en obtenir des clichés honorables ?

Tout d’abord, il faut dire qu’en 2021, tout appareil photo – dédié ou non – sort des clichés acceptables dans de bonnes conditions de prise de vue : luminosité ni trop faible, ni trop forte, pas de contre-jour, photo générale, donc pas l’observation d’un petit détail ou d’un élément lointain. Par contre, même dans ces conditions optimales, de grandes différences de piqué, de netteté et de textures sont à prévoir… et ce ne seront pas les millions de pixels qui sauveront la taille très – trop – réduite du capteur du téléphone par rapport à celui d’un appareil photo numérique amateur ou professionnel, même s’il a moins de pixels !

Visite rapide

Prêt pour une visite rapide ? Je vous embarque !

Nous logeons à quelques minutes de train de la capitale, dans un B&B à Thörishaus, à la frontière des cantons de Fribourg et de Berne. Un joli village, assez typique de la région et qui ne semble pas être situé à quelques encablures de la capitale fédérale tant tout y semble calme, paisible et campagnard.

Arrivés à Berne, nous profitons de notre carte journalière pour prendre le bus et nous rendre au parc d’Elfenau, souvenir d’enfance de mon épouse, avant de rejoindre l’Aare. Il fais frais, presque froid, sans soleil et avec un vent un peu trop présent. Les photos sont prises rapidement, au fil des pas rapides. Longeant la rivière, nous arrivons au parc zoologique puis vers les ours, anciennement parqués dans une fosse, maintenant en semi-liberté dans un enclos bien plus grand et plus vert, au bord de l’eau. Nous mangeons non loin de là avant de passer à la deuxième partie de la journée et de la visite : déambuler dans les rues du centre-ville. Nous y croisons relativement peu de monde, peut-être à cause de la course pédestre qui a lieu.

En fin de journée, nous rejoignons notre village de campagne avec une bonne quinzaine de kilomètres dans les jambes.

Et les photos ?

Mon téléphone portable me permet de photographier en RAW, c’est-à-dire de prendre des photos mais de ne pas les développer, donc de ne pas y apporter des retouches qui sont souvent trop poussées sur les petits appareils, afin de pallier aux manques optiques. De cette manière, je peux travailler des fichiers bruts et non pas tenter de corriger ce que le processeur a plus ou moins bien fait. S’il faut mettre en place quelques réglages pour utiliser cette fonction brute, récupérer les photos est bien plus fastidieux. Après un nombre assez important d’essais, c’est finalement dans la copie automatique sur mon Synology que j’ai pu récupérer ces précieux fichiers natifs.

Au final, seules les dernières photos sont prises avec cette fonction brute.

En situation normale, on obtient de bons souvenirs, exploitables sur un téléphone portable, sur une tablette ou pour publier sur les réseaux sociaux, où les images seront encore compressées. C’est bien là la première fonction des téléphones-camera : partager rapidement les clichés. Et ça fonctionne de mieux en mieux. Optiquement parlant, parce que du côté du logiciel, les partis-pris des marques manquent souvent d’équilibre : dominante de tons, détails exacerbés,…

Les éléments JPG, donc auto-développés par l’appareil photo sont très flatteurs mais bien trop poussés dans les détails, créant des artéfacts, un peu comme dans une photo que l’on aurait développé en poussant tous les curseurs à fond !

Il est à noter qu’en utilisant la fonction « haute qualité » (fichiers HEIC au lieu de JPG), les fichiers semblent bien moins dénaturés… mais peut-être est-ce une illusion d’optique sur un échantillon trop limité.

En utilisant la fonction « enregistrement brut » et en développant soi-même les photos ensuite – sur le téléphone, sur une tablette ou sur un ordinateur, on obtient un résultat bien plus plaisant et surtout, bien plus décidé… On perd l’instantanéité mais pas pas forcément beaucoup de temps. Même avec l’application native du téléphone (Android ou Apple), on peut obtenir rapidement des résultats bien plus équilibrés et plaisants que la version toute automatisée du téléphone.

En résumé…

Le téléphone portable est l’appareil photo que l’on emporte toujours avec soi. Il devient toujours meilleur. Mieux, avec quelques réglages adaptés, il peut même parvenir à faire illusion pour immortaliser un endroit, un moment. Il sera la compagnon idéal pour une photo non programmée par contre, si vous partez pour faire des photos, choisissez autre chose !

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