Photo nature à l’aube

16 Juil 2018 | Jour après jour

Rendez-vous à 5h15 à la prairie, je prends mon amie Isa. Ce matin, c’est elle l’enseignante et moi l’élève.

A la grande cariçaie

Les vacances, c’est une manière différente de faire la même chose, surtout lorsque l’on reste à la maison. Ce matin, on se lève tôt, non pas pour aller au boulot mais pour profiter du calme de la nature à l’aube. Cela fait quelques semaines que j’ai demandé à mon amie experte en photographie animalière de m’emmener à Champ-Pittet et de me montrer ses petits trucs. Si j’ai la technique, elle a l’oeil, aguerri par des heures à l’affût des animaux plus ou moins rares qui peuplent cette réserve naturelle. Elle ne manquera pas tout au long des heures que nous passerons ensemble aujourd’hui d’attirer mon regard sur ce qui est là, presque caché, ou sur les signes annonciateurs de telle ou telle arrivée.

Après un détour sous les branches encore trempées par les orages de la veille, nous montons sur le tour de guet. Tout est calme. Il y a encore bien de la brume sur la plaine. C’est beau, c’est doux, c’est calme. De la ville qui ne tardera pas à s’éveiller, on n’aperçoit que le sommet de la nouvelle tour « Landi », enfin l’immeuble encore en construction qui la remplace. Les habitants des derniers étages auront une belle vue. c’est sûr !

Photographier des êtres vivants, c’est souvent attendre… mais aussi être prêt pour déclencher immédiatement lorsque le moment tant attendu et très éphémère arrivera. J’aimerais prendre quelques clichés de grèbes qui survolent le lac, avec de magnifiques éclaboussures. Les signes avant-coureurs sont bien peu nombreux, il faut donc préparer son appareil – mode rafale – et attendre, à l’affût… quitte à faire quelques – centaines de – photos de trop ! L’autre jour, un ami photographe me disait qu’il avait eu beaucoup de déchets dans telle ou telle série de photos. Photographier du vivant, c’est rater beaucoup de photos pour en avoir une bonne, et en jeter encore plus pour obtenir une excellente ! J’attends, le temps passe, ils nagent de-ci de-là, ils s’ébattent, quand tout à coup, il y en a un qui s’élance. C’est parti pour la rafale, en espérant que l’autofocus soit à la hauteur parce que dans ces conditions, on ne contrôle plus grand-chose.

Côté technique

Il y a quelques semaines, j’ai renoué avec un grand zoom, non plus un réflex avec un bazooka qui pèse une tonne, mais simplement un bridge, plutôt haut de gamme. C’est cela qui m’a poussé à demandé à mon amie de faire une sortie ensemble dans ce paradis animalier qu’est la grande cariçaie. C’est une sortie test pour moi : l’appareil sera-t-il à la hauteur des attentes et exigences du photographe ? Me donnera-t-il les photos que j’aimerais voir ? Si les données techniques sont riches (zoom 24-600 mm, mise au point en 0,03 sec., rafale à 24 images par seconde), le résultat sera-t-il là ? Toutes ces excellentes caractéristiques arriveront-elles à se conjuguer pour donner les clichés espérés ? Et enfin, le photographe arrivera-t-il à en tirer profit ? Ce sont les questions que je me pose en partant… et un peu tout au long de la balade, parce que ce n’est qu’en rentrant à la maison et en allumant l’ordinateur que l’on verra vraiment ce que les photos donnent !

Ça claque et ça claque encore… 24 photos par seconde, c’est rapide, et ça fait un peu un bruit de mitraillette ! Les premiers aperçus sur l’écran semblent bons. Ouf, l’attente n’a pas été vaine. Le rendu sur grand écran à la maison montrera que la plupart du temps, l’autofocus a bien fait son travail, se concentrant plus sur le grèbe que sur ses éclaboussures. Le photographe en moi est satisfait, l’homme est content de s’être levé tôt pour bénéficier de tels éléments avant les chaleurs de la journée.Nous retournons vers les roseaux. Là, grèbes et canards sont plus proches mais jouent à cache-cache, sans le savoir, avec les hautes herbes. Entre brumes et verdure, la capture de la bonne photo ne se fait que durant quelques parenthèses parfois inférieures à la seconde.

Sur le plan des paysages, qui sont plus ma spécialité, il y a également de beaux clichés à capturer : la brume sur la cariçaie, le soleil entre les herbes ou encore l’envol des étourneaux au lever du soleil. Pas déçu encore une fois de m’être levé si tôt…

Ayant fait le tour, très modestement, de ce qui peut être photographié en ce moment, nous nous éloignons quelque peu pour découvrir un endroit que je ne connais qu’en théorie…

 

Le Creux de Terre

Non loin de Chavornay, entre l’autoroute et la voie de chemin de fer, les étangs accueillent eux aussi leur ration de volatiles aquatiques.

Pourtant, aujourd’hui, ce ne sont pas eux qui seront à l’honneur. Il faut dire que, après la grande cariçaie, c’est plutôt petit. Par contre, la situation entre forêt, routes et champ, favorise la présence d’autres animaux : les biches, les faons et autres cervidés.

Pas besoin d’attendre, ils sont là, gambadent, s’arrêtent, repartent de plus belle après un bruit, il n’y a qu’à se servir. Là encore, l’autofocus et la rafale « de guerre » feront un excellent travail, ou point qu’il est possible d’observer la décomposition du mouvement de la course. En effet, 24 clichés par seconde, c’est le nombre d’images qu’il y a dans un film.

Finalement, nous rentrons avec le petit-déjeuner, plus que satisfaits de ce début de journée bien actif.

 

Worflow : et après tout ça ?

La journée est déjà réussie, même s’il nous faut maintenant trier, traiter et mettre en valeur les centaines de photos récupérées. En mode vacances et décompression, il me faudra plus d’une semaine pour le faire !

 

Trier

Ayant utilisé plusieurs appareils – le Sony RX10 pour la plupart des vues, le Fuji X-T2 pour les paysage au grand angle – je commence par copier toutes les photos dans un répertoire temporaire et je les importe dans Lightroom. Je fais également une copie de sauvegarde de toutes les photos au format JPG sur un disque externe. Ainsi, je conserve toutes mes photos, même celles qui qui n’auront pas été retenues. Par exemple, les photos de la course de la biche ci-dessus sont des JPG non-développés, directement issus de cette copie.

Dans Lightroom, j’importe le tout puis je fais le tri avec la méthode P (garder) / X (rejeter). Pour choisir les photos que je garde et celles que je rejette, j’utilise les critères suivants :

  • qualité technique
  • qualité artistique
  • qualité documentaire

Une photo qui n’est pas parfaite du côté technique ne sera conservée que si elle a un réel intérêt documentaire ou artistique, qui sera mis en valeur lors du développement. Une photo réussie mais qui n’a pas grand intérêt artistique ou documentaire sera rejetée. Selon la quantité de photos semblables, les critères sont appliqués de manière plus ou moins sévère. Ici, avec plusieurs centaines de clichés – dont pas mal de rafales – le tri se fait de manière sévère. Seules 80 photos seront conservées au final, et moins de la moitié de celles-ci seront publiés.

 

Développer

Vient alors l’étape du développement. Il permettra de mettre en valeur le sujet de la photo et de favoriser la transmission de l’émotion voulue. Pour des photos prises avec un grand zoom, il est nécessaire de redonner du détail au sujet, par exemple en utilisant de la clarté au pinceau et en ajustant les ombres et les noirs. Le recadrage et le vignettage sont d’autres moyens pour arriver à ces buts.

Jouer avec la balance des blancs permet de faire varier l’ambiance, de réchauffer la scène ou, au contraire, de la refroidir afin de donner l’émotion désirée.

Sur les photos de déplacement des grèbes sur l’eau, avec les éclaboussures, j’ai fait ressortir le détail avec le pinceau afin de faire ressortir les gouttelettes et les mouvements dans l’eau. Au contraire, la brume demande un traitement en finesse, en veillant à ne pas estomper cet effet léger mais à le mettre en valeur.

 

Publier

Finalement, partager son art et son travail pourra se faire en publiant les meilleurs clichés sur les réseaux sociaux et en invitant les internautes à découvrir la galerie complète.

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