Toujours plus, toujours trop ?

2 Août 2020Jour après jour, Matériel

Progresser, avoir du matériel de qualité pour faire des photos toujours meilleures, différentes de celles qui paraissent quotidiennement par millions sur les réseaux sociaux, avoir le kit parfait pour chaque situation et, à chaque sortie, passer un temps fou devant son étagère à choisir les éléments nécessaires et ceux qui pourraient peut-être aussi servir, un peu comme d’aucunes font devant leur garde-robe avant de sortir un samedi soir… STOP !

L’art du compromis

Oui, au fil des années, j’ai pu me compléter une belle étagère avec tout ce dont j’ai besoin pour prendre de très belles photos dans presque toutes les situations… Non pas que j’aie tout ce qui existe, ni tout ce qui se fait de mieux….

En terme de matériel, dans tous les domaines, la perfection n’existe pas, on est dans un compromis entre différents éléments qui nous tirent bien souvent dans des directions opposées. En photographie, puisque c’est le thème qui nous occupe, la perfection serait un grand capteur – plein format, voire moyen-format – un objectif zoom très lumineux – f/1.4 ou même f/2.8 –  de grande amplitude – pourquoi pas un 15-400 mm en équivalent plein format – dans un format réduit et léger. Pourquoi aucune marque n’a jamais proposé ce parfait couteau suisse, excellent en tout ?! Parce que :

  • ce serait importable (le 50-100 f/1.8 de Sigma fait déjà 1 kg sans le boîtier)
  • ce serait difficilement utilisable, entre autre à cause du poids mais également des limitations physiques
  • ce serait vraiment très cher

Ainsi, on reste dans des compromis :

  • léger mais en diminuant la taille du capteur et l’amplitude ou la luminosité de l’objectif
  • d’excellente qualité optique mais au détriment du poids
  • bon marché mais…

 

Faire des choix et se tenir à ses décisions

Dans tous les domaines, il y a une phase de recherche du matériel adéquat, selon les moyens que l’on peut ou que l’on veut y consacrer. En photographie, ce n’est pas différent… et peut-être est-ce le mal de ce siècle de la démocratisation de l’art de faire de belles images pour tout le monde. Il y a pléthore de marques, de modèles, de types, d’objectifs… avec des nouveautés toutes les semaines ! Ce n’est pas forcément une mauvaise chose – de nombreux domaines vivent une situation semblable : l’automobile, l’informatique,… pour ne citer que ceux que je suis assez régulièrement – mais pourtant il y a un piège.

 


 

 

Le problème réside dans notre difficulté à choisir, à se décider… on préfère parfois avoir tout que choisir minutieusement et précisément ce dont on a vraiment besoin… et s’y tenir ensuite ! L’herbe est souvent plus verte dans le pré d’à-côté et on oublie rapidement pourquoi on a choisi, il y a quelques jours, semaines, mois ou années, de ne pas y aller.

Si le fait de garder la même marque – surtout les marques numériques « historiques » comme Canon et Nikon – devient difficile à l’échelle d’une vie, tant la technique et les choix des constructeurs évoluent, il faut apprendre à être patient et ne pas sauter sur la dernière nouveauté, en changeant son parc optique complet sur un coup de tête… à moins d’en avoir les moyens en finances, mais également en temps – pour appréhender cette nouvelle famille – et en énergie – pour se mettre en tête toute une série de nouvelles procédures !

Il y a 3 ans, j’ai fait le grand saut, vendant tout ce que j’avais en marque jaune pour passer à Fujifilm, abandonnant le plein format pour de l’APSC du même coup. Il y a eu de la réflexion, des essais,  techniques et sur le terrain, même certains comparatifs,… et puis j’ai fait le choix, après 7 ans dans une marque que j’avais choisie parce que c’était celle qui était la moins chère dans le supermarché du coin.

Depuis, j’aurais pu changer à nouveau tout changer… Sony avec son plein format et ses dizaines de millions de pixels m’a fait de l’oeil et les essais ont été plus que probants… mais je me suis souvenu du pourquoi de Fuji :

  • une question de poids
  • une ergonomie qui donne du plaisir à photographier

Avec Sony, les molettes de réglages directs sont bien moins nombreuses et le poids, à cause du plein format entre autre, est bien plus important.

 

Se souvenir des raisons de ses choix nous aidera à les tenir.

 

Au final, il ne restait plus que le compact qui a encore abondamment vacillé entre Lumix, Canon, Sony… avant, finalement, de rejoindre également Fuji.

 

Puisque choisir, c’est faire des compromis, il faut choisir ses compromis ! Les miens ne seront pas ceux de mon collègue ou voisin. Je préférerai un peu plus de poids mais un grand capteur, lui aimera une simplicité d’emploi quitte à perdre un  peu en qualité ou en versatilité… et faire des choix, ça demande d’expérimenter, d’essayer… et cela peut prendre des années !

Mais les outils évoluent, les pratiques aussi… Finalement, on pourrait presque avoir toutes les bonnes raisons du monde à changer de matériel aussi souvent que de sous-vêtements !

 

Améliorer sa pratique utilisant à fond son matériel

Parfois, changer de marque ou simplement passer d’une génération à une autre, c’est utiliser de manière superficielle son matériel, en connaissant les fonctions principales – celles qui nous ont fait choisir telle marque ou tel modèle – et en oubliant toutes les autres, qui, si on les maîtrisait, nous permettraient certainement d’éviter de répondre aux sirènes de la publicité pour le champ ou l’océan d’en face !

Il faut du temps et de l’énergie pour découvrir en profondeur un outil – appareil photo ou autre. Mais cela renforce énormément l’aspect couteau suisse que sont les appareils électroniques de nos jours. Et donc, au lieu d’emporter 2 ou 3 boîtiers et autant d’objectifs pour avoir l’assurance de ne rien oublier, on se rendra compte qu’un seul pourrait couvrir 90 % du champ d’action désiré. Par exemple, le compact Fuji a une focale fixe mais, en utilisant l’enregistrement jpg, on peut avoir un zoom numérique pour cadrer directement ses photos à 50 ou 70mm.

 

S’engager concrètement

Après de longues années de recherche – et pas seulement en photographie, je désire entrer dans une période apaisée, quitter le marché pour entrer dans l’art, la photo, le traitement – et encore, là il y a beaucoup à dire !

Pour entrer dans cette démarche, nul besoin de tout jeter par la fenêtre ou de tout vendre… il suffit de prendre un engagement et de s’y tenir. Ainsi, pour les prochains mois (disons jusqu’à la fin de l’année 2020), je vais me tenir à prendre toutes mes photos personnelles – celles qui n’engagent que moi, à l’opposé de mes shootings professionnels qui demandent le matériel le plus adapté possible – avec un seul appareil photo et un seul objectif ! Je me laisse éventuellement la possibilité de faire une ou deux exceptions à cet engagement sur 5 mois !

 

 

Suite au prochain épisode !

 

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