Voyage au Rigi

8 Jan 2020Jour après jour

Aujourd’hui, premier jour de travail pour l’Atelier Digital, je décide de le consacrer à la première mission de mon activité complémentaire : le photographie.

Carte journalière en poche, je quitte la grisaille yverdonnoise pour voir du beau, du différent, du majestueux… et me laisser inspirer. Tout seul, avec un sac à dos de photographe.

Dès Neuchâtel déjà, les couleurs changent. Le gris laisse la place au jaune orangé des levers de soleil pas très décidés. Les toits se succèdent, les arbres dépouillés dressent leur silhouette nette sur ce fond de brume étiolée. Sur les kilomètres suivants, le grisaille retrouve ses droits, panachée des fumées blanches des cheminées. Peu à peu les maisons disparaissent, laissant la place à la forêt, aux routes, aux champs et prairies. A tour de rôle, ses paysages se volent et se rendent la vedette.

 

 

La deuxième partie du voyage nous confirme l’arrivée parmi les montagnes. D’abord, le Pilate sort de la brume, sous un soleil matinal. Les autres sommets gardiens du lac ne manqueront pas de faire de même à leur tour au fur et à mesure que le bateau s’enfonce dans les méandres du lac des 4 cantons qui porte si bien son nom.

Finalement, le petit train à crémaillère, bondé nous conduit au sommet. La pente est raide. Il paraît que parfois, les touristes non avertis s’accrochent au siège de peur de tomber. Ce qui est sûr, c’est qu’à la sortie des wagons anciens, avec de petits enfants tout à l’avant ou à l’arrière des wagons, l’expérience est à tomber de son siège… au sens propre !

La situation se prête difficilement pour faire des photos, seul le chien d’une voyageuse y aura droit. Mais je sais qu’une fois arrivé au sommet, il y aura toutes les possibilités de prendre de beaux clichés.

En fait, toutes les possibilités, c’est un peu exagéré. S’il y a peu de neige, il  y a bien plus de verglas. Plusieurs accès sont fermés, dont la tour. C’est dommage mais ça ne ruine en rien la journée. Même  certains accès ouverts le sont au risque et au péril de ceux qui les emprunteront, votre narrateur a quelque peu tâté la glace… sans grande conséquence jusqu’à présent.

Grand angle, belles compositions, panoramique à assembler, repérage d’éléments insolites, tout y passe pendant près d’une heure. Faire de la photo, c’est d’abord voir, observer… qu’est-ce qui sort de l’ordinaire ? Qu’est-ce qui est différent ? Quelle sera ma touche personnelle et artistique sur ces paysages photographiés tellement de fois et qui figurent sur tellement de calendriers. De quoi ramener et présenter de beaux souvenirs, de belles vues, et tenter quelque peu de rendre le vécu au sommet.

En redescendant, je m’interroge sur le peu d’impact des photos, même très belles, techniquement et artistiquement réalisées. Comment rendre une atmosphère telle que celle que l’on vit là en haut. Les montagnes nous entourent, à 360 degrés. Nous les surplombons, des mêmes que les villes, les villages et les lacs. Nous ne sommes pas dans un panorama, nous sommes dans une sphère. Et puis, il y a le calme, malgré les centaines de touristes de tous pays, l’air frais, le soleil qui donne envie de manger en t-shirt sur la terrasse tellement il nous réchauffe.

Finalement, peut-être que le compagnon de table rencontré sur le bateau avait raison : ses photos, il les prend avec ses yeux, sa carte mémoire est directement connectée à son cerveau. Cependant, ces souvenirs sont difficiles à partager, alors je continuerai de prendre des photos et de les publier !

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