Morat Lumières 2018

27 Jan 2018Jour après jour

Après une expérience entre amis, sous un froid glacial en 2017, cette année, nous avons été voir ce spectacle lumineux en famille, un samedi soir. Bien sûr, notre amie Isabelle était de la partie.

Du côté sortie familiale, ce n’était pas top : beaucoup de monde, de la peine à passer dans certains « goulets d’étranglement », pas toujours évident de rester ensemble et, du coup, parfois un peu long pour les 2 petites. Mais vous n’êtes pas là pour lire nos aventures familiales mais plutôt pour un article photo, alors concentrons-nous sur cet aspect.

Lorsqu’on retourne pour la deuxième fois au même endroit, ou à une manifestation semblable, il y a toujours la fraicheur de la découverte – parce que, bien sûr, on n’en a pas fait le tour en une fois – mais il s’y ajoute une certaine connaissance du lieu, de son organisation, et des pièges éventuels. C’était donc avec une idée un peu plus claire des facilités et difficultés de l’exercice que nous nous y sommes rendus.

 

Photographie de nuit

Cet exercice est principalement caractérisé par le fait qu’il s’agit de photo de nuit, à l’extérieur, parmi une foule plus ou moins nombreuse et compacte. Il faut donc veiller à certains éléments pour obtenir les meilleures photos possible :

  • le flou de bouger est le principal ennemi : il faudra veiller sans cesse à la vitesse. Elle devra tout au plus être inversement proportionnelle à la longueur focale en équivalent 24×36 : par exemple 1/50 sec. avec un 35mm APS-C ou un 50 mm plein format. Pour y parvenir, on peut diminuer l’ouverture – au risque de diminuer drastiquement la profondeur de champ – ou monter en sensibilité (augmenter les ISO) – là on se heurte aux possibilités de son boîtier, un modèle récent permettra certainement de monter beaucoup plus haut qu’un plus ancien, un grand capteur (réflex, hybride) donnera également un meilleur résultat qu’un petit (compact, téléphone portable).
  • la foule n’est pas forcément notre amie : utiliser un trépied et faire de longues poses n’est pas forcément aisé. Il faut choisir un endroit un peu reculé, où l’on ne gênera pas et, surtout, ou personne ne viendra bousculer l’installation ou passer dans le champ de l’objectif. Le cadrage devra également tenir compte de la forte probabilité d’avoir des inconnus sur l’image.
  • le constraste … est notre ami : qui dit nuit et lumière dit également grand contraste entre le fond et le « sujet ». Il n’est donc pas nécessaire de « respecter » l’exposition proposée par l’appareil photo et on peut basculer en mode vitesse pour augmenter la vitesse de prise de vue, les éléments lumineux étant forcément bien plus « impressionnants » pour la « pellicule » que le fond. Passer en mode « spot » et prendre la mesure de lumière dans un élément lumineux peut également être une manière de « tromper l’appareil ». La compensation d’exposition – qu’est-ce que j’aime cette molette sur mes Fuji ! – permet de le faire simplement et pour le nombre de photos que l’on désire – sans oublier de remettre la molette à zéro lorsque l’on changera de situation.

 

Astuce de développement

Pour mes photographies, j’aime que les sujets soient nets, bien définis, et colorés. Cela se voit particulièrement dans les feux d’artifice mais c’est également valable pour les animations lumineuses. Pour cela, je diminue les hautes lumières, les blancs, j’augmente les noirs et les ombres. Outre l’aspect artistique recherché, cette technique a pour conséquence de diminuer drastiquement le bruit dans les images. Une bonne manière de « récupérer » une photo trop bruitée.

L’expérience 2018

Cette année, étant passé à Fuji, je n’avais plus de plein format … et cela ne m’a pas manqué ! Je suis parti avec 2 boîtiers et deux objectifs, donc pas besoin de changer d’objectif dans la foule et au froid :

  • le X-T2 avec l’objectif lumineux de 90mm ouvrant à f/2.
  • le dernier venu, le X-E3 avec le zoom grand angle 10-24.

Ces deux boîtiers montent très bien en ISO et donc, après quelques essais aux valeurs intermédiaires, je les ai réglé manuellement sur 12800 ISO, vive les molettes à usage direct !

Le grand angle a permis de prendre les plans larges, de donner un rendu majestueux de la manifestation, tout en pouvant éliminer les éléments trop indésirables grâce au zoom. La focale de 90mm a permis d’immortaliser quelques éléments spécifiques, en faisant attention au flou de bouger puisque la valeur à ne pas – trop – dépasser étant le 100e de seconde (voir plus haut).

Comme d’habitude dans ce genre de manifestation, les photos s’enchaînent et les centaines s’ajoutent les unes aux autres, j’ai dû facilement atteindre les 400 photos, en ne comptant que les RAW … avec une petite erreur technique ! En effet, j’avais utilisé précédemment la fonction « bracketing d’effet de film » sur le X-E3, pour obtenir directement 3 rendus différents. Cette fonction permet, en traitement JPG, d’avoir directement trois types de rendu, en ce qui me concerne un noir et blanc (effet film Acros), une version couleurs vives (effet film Velvia) et une version couleurs plus légères (effet film Classic Chrome). Là où la technique pourrait être améliorée, c’est que chaque photo JPG est triplée, mais les RAW également. Du coup, chaque clic engendre 6 photos, soit 180 MB environ. Pas étonnant que la carte presque vierge ait été remplie avant la fin de la soirée !

J’avais emporté un petit sac, le Sling 5 de Peak Design, qui s’est révélé un peu court pour cette opération. Il convient mieux à une sortie avec un seul boîtier et 1 ou 2 objectifs en plus de celui qui est attaché. A moins de laisser en permanence le deuxième boîtier sur la fixation extérieure optionnelle.

 

En résumé, une très belle édition, avec de belles images au retour – je vous laisse en juger par vous-même ci-dessous – et de nouveaux apprentissages encore et toujours. Il paraît qu’apprendre prouve qu’on est toujours vivant !

 

L’album

 

Découvrir l’album complet

Pin It on Pinterest